DENG XIAOPING


DENG XIAOPING
DENG XIAOPING

DENG XIAOPING [TENG SIAO-P’ING] (1904-1997)

Originaire du Sichuan, Deng Xiaoping, après des débuts obscurs, se joint aux nationalistes du mouvement du 4-Mai 1919 et participe au plan de travail et d’études organisé par Li Shizeng pour former à l’étranger une sélection d’étudiants chinois. Après une période préparatoire à Shanghai, il s’embarque en 1920 pour l’Europe et vit apparemment à Paris, où il semble avoir rejoint la branche française du Parti communiste chinois (P.C.C.). On connaît peu ses activités durant les cinq années qu’il passe en France, mais on le retrouve à l’université Sun Yat-sen de Moscou. Il y côtoie Feng Yuxiang, le futur «général chrétien», qui l’emploie un peu plus tard comme instructeur militaire à l’école militaire de Sanyuan qu’il a créée au Shaanxi. En 1927, associé à Li Lisan, Deng Xiaoping fait partie du groupe du Parti communiste implanté à Shanghai; celui-ci l’envoie au Guangxi, province réputée hostile en raison de la profonde arriération culturelle de sa population et surtout de la présence de Bai Chongxi, un général d’un anticommunisme fanatique. Néanmoins, Deng Xiaoping parvient à mettre sur pied la VIIe armée rouge d’ouvriers et de paysans, basée à Baise. Vers 1930, il commande des unités de guérilla dans les districts montagnards, puis, opérant dans les maquis du Guangxi méridional, entre en contact avec les premiers noyaux vietnamiens de résistance à l’occupation française.

Commissaire politique de Nie Rongzhen lors de la Longue Marche (1934-1935), Deng Xiaoping entre au comité central du P.C.C. en 1945 et combat contre les forces du Guomindang dans les troupes de Liu Bocheng. Son expérience en fait un des principaux acteurs du comité stratégique qui dirige la bataille de Huaihai, annonciatrice de la défaite nationaliste. La victoire de Mao Zedong et l’établissement de la république populaire font de Deng Xiaoping un vice-Premier ministre chargé d’opérer avec les comités élaborant la nouvelle Constitution. Enfin, il passe au ministère des Finances et devient secrétaire général du comité central du P.C.C. en 1954. En 1956, il supervise la campagne des «Cent Fleurs» lancée par Mao Zedong pour dénoncer subjectivisme, bureaucratisme et sectarisme; elle devait sortir rapidement des limites qui lui étaient assignées pour évoluer vers une crise idéologique. Présent à Moscou lors du XXe congrès du Parti communiste de l’Union soviétique, Deng Xiaoping est étroitement mêlé au différend sino-soviétique; il joue, avec Peng Zhen, un rôle de négociateur avant de devenir le principal contradicteur de Souslov, porte-parole de l’accusation soviétique. Premier ministre intérimaire en 1963-1964, Deng Xiaoping remplace Zhou Enlai lors de ses déplacements et figure au cinquième rang au sein du bureau politique.

En quelques semaines, la «grande révolution culturelle prolétarienne» va provoquer la chute de ce personnage de premier plan. Dans la première phase de la révolution culturelle, après la dénonciation par la ligne maoïste de la «ligne noire» de Peng Zhen, des groupes de travail dirigés par Liu Shaoqi et Deng Xiaoping procèdent, de juin à juillet 1966, à la critique des partisans de Peng Zhen. Par leur orientation, il semble que ces groupes de travail dépassent les objectifs précisés de critique et d’éducation politique des cadres supérieurs du P.C.C. et s’attaquent brutalement aux échelons intermédiaires et aux militants de base. Cette déviation engendre une sourde opposition, animée par Chen Boda, ex-secrétaire de Mao Zedong, et Jiang Qing, épouse de ce dernier. Les groupes de travail tentent alors d’amalgamer ces contestataires à la «ligne noire» de Peng Zhen, dénoncée comme réactionnaire et bourgeoise. La position hiérarchique et l’influence politique et idéologique de Liu Shaoqi et de Deng Xiaoping sont très fortes, mais, dans les péripéties complexes de cette guérilla politique, la deuxième session plénière du comité central du P.C.C. (au début d’août 1966) et les interventions, tantôt spontanées, tantôt dirigées, des «gardes rouges», puis de l’Armée de libération populaire renforcent la ligne maoïste. Deng Xiaoping et le président de la République sont accusés d’hostilité aux masses, d’agissements contre-révolutionnaires et, rétroactivement, de doute à l’égard des méthodes collectivistes du «grand bond en avant»; ils sont progressivement écartés à partir d’août 1966 et apparaissent alors comme les principaux dirigeants visés par le gigantesque bouleversement de la révolution culturelle prolétarienne.

Deng Xiaoping est soumis à une rééducation politique et contraint de faire son autocritique sans que ses fonctions lui soient enlevées. Rétabli dans ses fonctions de vice-Premier ministre au début de 1973, réadmis au bureau politique en janvier 1974, il est désigné en janvier 1975 comme premier vice-Premier ministre et exerce la réalité du pouvoir pendant la maladie de Zhou Enlai, mais il est écarté au moment des remous qui, en 1976, suivent la disparition de ce dernier (janvier), puis celle de Mao (septembre). Après l’élimination des radicaux – la bande des Quatre – Deng redevient, dès 1977, membre du comité permanent du bureau politique. Dès lors, il donne toute sa mesure en étant, officieusement, le premier personnage politique de la Chine d’après Mao. Il prend le contrepied de la révolution culturelle en marquant la priorité non de l’idéologie, mais des quatre modernisations (industrie, agriculture, armée, science et technologie), thème du dernier message de Zhou Enlai. Un style nouveau inspire l’économie, fait de pragmatisme, d’efficacité, d’ouverture aux techniques et même aux capitaux étrangers, avec le recours, précédemment interdit, aux stimulants matériels. Le nouveau cours est illustré par cette boutade, prêtée à Deng: «Peu importe qu’un chat soit noir ou gris, pourvu qu’il attrape la souris.»

En même temps, l’appareil politique est rajeuni. Avec Hu Yaobang à la tête du parti et Zhao Ziyang à celle du gouvernement, Deng Xiaoping installe au pouvoir une nouvelle génération de dirigeants adeptes de sa ligne. Toutefois, son réformisme n’est en aucune façon acceptation d’un mode de vie bourgeois.

En novembre 1987, Deng Xiaoping quitte le bureau politique et le comité central du P.C.C. À partir de 1989, sa succession est en place: Jiang Zemin à la tête du parti, de l’État et de l’armée; Li Peng comme Premier ministre. Lors des événements de la place Tiananmen (mai-juin 1989), il a une large part de responsabilité dans la répression par l’armée des étudiants réclamant une démocratisation du régime. Il abandonne en mars 1990 sa dernière fonction officielle (la présidence de la commission des affaires militaires du comité central du P.C.C.), tout en continuant à arbitrer en coulisses la vie politique. Au cours d’un voyage, très médiatisé, dans le sud de la Chine en 1992, il donne une nouvelle impulsion aux réformes économiques, s’opposant ainsi aux tenants d’une politique d’austérité. Après sa dernière apparition à la télévision en février 1994, les rumeurs concernant la mort du «petit timonier» s’étaient multipliées; son décès, le 19 février 1997 à Pékin, n’a donc pas provoqué, dans la population, le même émoi que celui de Mao.

Deng Xiaoping ou Teng Siao-p'ing
(1904 - 1997) homme politique chinois. Membre du parti communiste (1924), secrétaire général du Comité central (1954), écarté du pouvoir pour "déviationnisme de droite" en 1966, il réapparut en 1973-1975. Après la mort de Mao Zedong (1976), il devint le numéro un (officieux) du Parti et libéralisa l'économie mais non le régime (violente répression des manifestations du printemps 1989).

Encyclopédie Universelle. 2012.

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